La salsa cubaine, qu'on appelle à Cuba le casino, est une danse de couple née dans les salles de bal cubaines des années 1950, héritière directe du son. On la reconnaît à ses mouvements circulaires, à son jeu de bras et à sa version en groupe, la rueda de casino. Pour la danser, une chaussure à semelle daim, bien tenue à la cheville et à talon raisonnable fait l'essentiel du travail.
Plusieurs salsas, une racine commune
Le mot « salsa » recouvre en réalité plusieurs façons de danser. Les styles portoricain et new-yorkais se dansent en ligne, le second souvent sur le deuxième temps. Le style de Los Angeles, lui aussi linéaire, mise sur les tours rapides et le spectaculaire. La salsa cubaine tourne : les partenaires se déplacent l'un autour de l'autre, en cercle.
Le mot lui-même est arrivé tard. C'est à New York, dans les années 1970, qu'il s'est imposé pour vendre sous une même étiquette plusieurs musiques de danse latines, notamment par le label Fania. À Cuba, la danse existait déjà sous un autre nom : le casino. L'appellation « salsa cubaine » s'est surtout répandue ensuite, pour la distinguer des autres styles.
Aux origines : le son cubain
Tout commence avec le son, une musique née à la fin du XIXe siècle dans les montagnes de l'est de Cuba, dans l'ancienne province d'Oriente. Le son mêle la guitare espagnole et son cousin le tres, aux percussions d'origine africaine : bongó, maracas, claves. Il gagne ensuite La Havane, où il devient en quelques années la grande musique populaire de l'île.
C'est aussi vers cette époque que le son adopte la clave, ce motif rythmique de cinq frappes réparties sur deux mesures qui structure encore aujourd'hui toute la salsa. Danser cubain, c'est apprendre à sentir cette clave.
D'autres genres cubains nourrissent aussi la danse : le danzón, plus ancien, puis le mambo et le cha-cha-chá des années 1940 et 1950. Chacun laisse sa trace dans la façon de bouger.
Le casino, la danse des clubs
Dans les années 1950, les danseurs de La Havane développent une danse de couple à partir du son, en empruntant des figures au mambo, au cha-cha-chá, à la rumba guaguancó et même au jive nord-américain. Elle prend le nom des lieux où elle se danse : les casinos deportivos, des clubs sociaux et sportifs où l'on venait danser.
Ce qui la distingue :
- Un mouvement circulaire. Les partenaires tournent l'un autour de l'autre au lieu de rester sur une ligne.
- Un jeu de bras riche, avec des passages sous le bras, des nœuds et des dénouements qui s'enchaînent sans pause.
- Le temps de la danse. Le casino se dansait traditionnellement à contretemps. Aujourd'hui, il se danse le plus souvent sur le premier temps, ce qui le rend plus facile d'accès aux débutants.
- Les influences afro-cubaines : beaucoup de danseurs glissent dans leur casino des mouvements de rumba ou de danses des orishas, surtout dans les passages libres.
La figure de base, la guapea, sert de point de départ. Viennent ensuite des figures aux noms devenus familiers dans toutes les écoles : dame, enchufla, vacílala, sombrero.
La rueda de casino, la salsa en cercle
À la fin des années 1950 apparaît une version collective : la rueda de casino. Plusieurs couples forment un cercle. Un meneur, appelé cantante, annonce les figures à voix haute, souvent accompagnées d'un signe de la main quand la musique couvre sa voix. Tous les couples exécutent la figure au même moment.
Beaucoup de figures comportent un changement de partenaire : les danseuses passent au cavalier suivant, puis au suivant, et le cercle tourne. Née dans un club de La Havane, le Casino Deportivo, la rueda s'est ensuite diffusée dans les autres clubs puis dans toute la ville.
Pour un débutant, c'est une formidable école : on danse avec tout le monde, on apprend à réagir vite et à suivre la musique ensemble.
La musique d'aujourd'hui : du son à la timba
La salsa cubaine se danse sur du son, de la salsa et sur la timba, un genre apparu à Cuba à la fin des années 1980, plus nerveux, nourri de funk et de jazz. La timba est riche en cassures et en changements de rythme, que les danseurs cubains aiment souligner avec des mouvements de buste et de hanches.
Quelles chaussures pour la salsa cubaine
La danse cubaine sollicite le pied d'une façon particulière : beaucoup de rotations autour du partenaire, des pas proches du sol, un poids souvent posé sur l'avant-pied. Trois critères comptent.
Une semelle en daim
Elle accroche assez pour les transferts de poids et glisse assez pour tourner. C'est le point le plus important. Les semelles en caoutchouc bloquent le pied dans les tours et fatiguent les genoux.
Un talon que vous maîtrisez
Le casino ne demande pas de talons très hauts. Beaucoup de danseuses choisissent un talon moyen, autour de 5 à 7 cm, assez évasé pour rester stable. Les débutantes gagnent à commencer plus bas, puis à monter quand les tours deviennent sûrs. Côté cavaliers, une chaussure de danse à talon bas ou une basket de danse à semelle lisse convient très bien.
Un pied bien tenu
Une bride à la cheville évite que le pied sorte de la chaussure dans les rotations et les changements de partenaire de la rueda. Choisissez une sandale ajustée, sans que les orteils dépassent.
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Questions fréquentes
Quelle différence entre la salsa cubaine et la salsa portoricaine ?
La salsa cubaine, ou casino, est circulaire : les partenaires tournent l'un autour de l'autre. Les styles portoricain et new-yorkais se dansent en ligne, le new-yorkais souvent sur le deuxième temps. Les deux partagent la même racine musicale, le son cubain.
Qu'est-ce que la rueda de casino ?
C'est la version collective de la salsa cubaine, apparue à La Havane à la fin des années 1950. Plusieurs couples dansent en cercle, un meneur annonce les figures et les partenaires changent régulièrement. Elle est très pratiquée en cours pour apprendre à guider et à suivre.
Quelle hauteur de talon pour danser la salsa cubaine ?
Un talon moyen, souvent autour de 5 à 7 cm, convient à la plupart des danseuses à l'aise sur leurs appuis. En débutant, un talon plus bas et large aide à stabiliser les tours. L'important est de rester maître de son équilibre dans les rotations.
Peut-on danser la salsa cubaine en baskets ?
Oui, avec des baskets de danse à semelle lisse ou à zone de pivot, assez courantes chez les cavaliers. Les baskets de ville à semelle crantée sont à éviter : elles accrochent le parquet et gênent les tours.